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La Parebatte au Pagus d'Acigné

La Parebatte au Pagus d'Acigné.....(2003)

     La "Parebatte" c'est la grande fête qui finit les battages des grains de "bieu", du bieu blanc ou "na"(naille).

     Antoinette BARON s'est adaptée aux époques avec une grande facilité. Née en 1908 Antoinette a passé son enfance à la ferme avec les rigueurs de cette époque et connu deux conflits mondiaux et leurs déchirements. Sa langue familière était le gallo. A la fin des années 1970 elle participa aux premières randonnées pédestres et aux danses bretonnes avec le "Club Acignolais". Montrant la suite d'été d'"avant-deux" suivie de la danse-jeu du "Moulinet d'Acigné" on retrouve désormais ce nom de "Moulinet" attaché au groupe local et à la désignation d'une salle associative.

     Antoinette résida longtemps rue St Georges puis vers la "Motte".En 1992 elle reçu un mot d'"eucri" d'un ancien gars d'Acigné. Il était parti dans les années 1950 s'installer à Roumagne dans le Lot et Garonne pour avoir plus grand de ferme.

Ce courrier le voilà : "Ma chère Toinette,

le jour où tu recevras cette enveloppe ça voudra dire que je ne serai plus de ce monde.T'avais du remarquer que j'avais un petit pincement au coeur pour toi et c'est pour ça que j'ai dit au notaire de Miramont de Guyenne de te faire confiance. Crois-moi ces informations sont de la plus haute importance....

     Ca remonte juste après la Grande Guerre : une découverte incroyable de Monsieur LOUIS, l'instituteur de l'école d'en haut, la laïque. C'était pas un "bégao".. Il avait pris à rebrousse-poil les principes de son époque : pas de coups de règles sur les doigts, pas de bonnet d'âne, pas de "sabiao" accroché au cou de ceux qui causaient trop le patois.Eh oui en ce début de siècle les instituteurs étaient très sévères et voulaient qu'on dise du bon français... Mais le nôtre il tôlérait un semblant d'expressions et de tournures bien "fiss'lle" qu'avaient du sens et qu'on lui expliquait parfois en le faisant ben rigoleu. Il nous disait qu'il était pour qu'on dise plusieurs langues à la fois dès le plus jeune âge et tout "aossi" bien les unes que les autres.

     Le véritable traumatisme causé par la guerre faisait que l'instituteur cherchait une idée pour nous changer des autres qui nous préoccupaient. Et v'là-t-y-pas qu'on avait ben oui "parlance" que le fermier de la "Lande" avait été voir Biarritz près de l'Espagne et qu'il était revenu tout chose. C'en était un qu'était "teurjou parti courr'à dreut à gaoch'"... Mais là ce que l'écolier, le fils de la ferme, raconta de leur voyage à lui et sa famille décida Monsieur LOUIS à l'aller voir par esprit de curiosité.

     Ils avaient été hébergés pour un coût raisonnable par un "beurton" installé à Seignosse au bout des forêts des Landes. De là on pouvait partir en visites à la ronde. Il disposait de chambres depuis que ses journaliers n'étaient pas revenus du front et il dépannait aussi les voyageurs en assurant la table.

   A Seignosse comme beaucoup de villages à aller vers la frontière il y avait un lieu qui retenait la foule au centre-bourg : un grand mur dressé contre lequel on envoyait une balle avec une raquette en bois. C'était un espace-défouloir où l'on se combattait toutes tranches d'âges confondues, des petits, des costauds et que la population nombreuse encourageait des gradins disposés sur un côté. Une fois des vedettes venues de plus loin se faisaient la gagne en jouant à main nue...

     Le récit devait être si captivant que l'instituteur fut pris par l'affaire. Il tenait son idée, il pensait alors au sport. Et c'est ainsi que le fermier et Monsieur LOUIS s'arrangèrent pour installer un fronton en se servant du mur extérieur d'une immense grange.Toute l'école profitait avec entrain de ce loisir en descendant de la place de la mairie en huchant des airs de bergers de la Vallée d'Aramits que le fermier avait ramené d'avec lui. Tout comme un magnifique chien des Pyrenées plein de poils à retomber même sur les yeux. Le propriétaire béarnais qui lui avait offert le jeune chiot avait juste dit en tendant la main ouverte : "tope-là" pour être sûr qu'il en prendrait soin.Il fut baptisé "AILLOU" parce que pas d'ici et, parce que c'était un canin et qu'il était malin et joueur, certains le nommaient "Canaillou". Mais jamais ô grand jamais on ne le traita de "cunao"!

     Au bout de quelques temps le "Aillou" réserva une surprise de taille. Sans qu'on lui apprenne il s'était mis à regrouper les vaches dans le champ d'à côté. Et là c'était un vrai cirque, un spectacle dont on ne se lassait pas de le voir croquer les pattes des bêtes pour mettre de l'ordre et les diriger. L'instinct avait beau être de mise le fermier lui en avait marre d'être moqué du lait à v'nir! Il se décida alors à élever quelques moutons dans les champs à suivre la rivière du "Chevré" vers la "Montagne des Oliviers" et à les lui confier.

     Pas plus méchant que ça avec les humains on avait aussi accordé une mission essentielle à "Aillou" : ramener les balles égarées par les maladroits alentour du fronton. Et lorsque not'fermier se faisait honneur à sortir de sa poche son texte pour "beleu" les points en basque ça ne manquait pas de faire aboyer son chien et rire l'assemblée. Surtout quand son maître tapait son béret du Béarn sur la cuisse pour le calmer... ou qu'il tentait avec peu de bonheur de siffler des ordres comme il avait vu faire chez eux autres! Quelle allure il avait avec "Lou bounet" ramené de l'ancienne bastide de la plaine de Nay. Par respect pour ceux qui tricotaient ce béret depuis le XIIème siècle il le portait avec dignité sur le côté, en arrière ou bien en avant suivant les événements.

     Il y avait aussi d'autres sports venus du sud qu'on avait mis en pratique : tout d'abord le tape-boule avec des courses grimpés sur de petites échasses; et puis dans le champ d'à côté une sorte de soule avec une baudruche qu'on s'envoyait et qu'on devait soit plaquer au-delà du marquage ou balancer d'avec le pied par dessus un cordeau attaché aux mâts de cocagne de la "Saint Louis". On faisait sans le savoir du rugby britannique. Aux averses on se réfugiait dans un coin de la grange pour le grimper à la corde ou le saut en hauteur en tombant dans du foin....Ce fermier-là c'était une vraie bénédiction pour les jeunes.Plus tard en 1930 ce fut la première ferme des quatre du bourg à recevoir l'électricité.

     Quant à Monsieur LOUIS c'était un instituteur doué pour son métier et pour innover. Il faut aussi savoir qu'il passait pour un connaisseur en choses anciennes. Il avait des relations avec des chercheurs en Histoire de Rennes avec qui il faisait des fouilles. Ca lui avait pris suite à ce que son grand-père avait participé en 1872 à la mise à jour d'os de mammouths, de rhinocéros et de lions au Mont-Dol pas loin de la côte de Saint-Malo.

     Ces bêtes auraient vécu là 100.000 ans avant JC. Le Mont Dol est un lieu très particulier, unique, un promontoire magique sorti d'une zone plate tangueuse très souvent envahie par la mer. Tout a démarré en 1802 avec la pose d'un sémaphore. On s'est rendu compte que la chapelle st Michel reposait sur un temple païen voué au culte de la déesse de fécondité Cybèle : un culte avec des festivités de printemps à l'apparition de la végétation et de la marée d'équinoxe (du 15 au 27 mars). C'est l'Empereur romain Claude qui s'était entiché de ces rites égyptiens. En se glissant dans l'un des deux autels on baptisait avec le sang d'un taureau blanc et on était purifié de ses fautes. C'était une fête joyeuse avec des joueurs de flûte, des joueuses de tambour et des danseurs. On amenait la bête au-dessus d'une fosse recouverte de planches, percées de trous comme une passoire; le donateur dans la fosse était alors éclaboussé du sang ce qui déclenchait les danses des prêtres et prêtresses jusqu'à la crise de nerfs...

     Tout ça pour dire que, naturellement, Monsieur LOUIS avait été invité à l'exhumation de tombes gallo-romaines dans la rabine des "Onglées" d'Acigné.

     Revenons-en à notre fameuse "Parebatte" d'août 1921: on avait fini de faire la tournée des fermes du coin. La récolte était excellente et les sacs de blé montés au "piancheu".Les paysans remerciaient vivement les quelques "bourgadins" venus prêter main forte. Suite à la guerre 14/18 on manquait de bras. Acigné avait au moins eu 75 morts soit 9% des hommes. Et il en était ainsi de toute la Bretagne la région la plus touchée par les pertes, le double des autres.Des 1700 habitants d'Acigné recensés en 1911 on n'était plus que 1500 en 1921... Parmi ces bourgadins on se réjouissait de la présence de l'instituteur. Profitant des vacances d'été il pensait avec raison que ce travail utile le rapprocherait des élèves du monde agricole.

     Au soir à la "breun'" dans une grange environ 50 braves gens faisaient un repas mémorable... pour ceux qui s'en souviendraient. C'est pas le vin qui nous avait tué : à c't'époque on n'avait qu'un demi verre pour chaque car ça coûtait cher. Mais pour le cite ce fut la déferlante; sans compter l'avoinée de goutte, de la bonne "bianche", de la "zozotte" et de la "mézambine"... Y'en avait pas un bonhomme pour rattrapper l'autre!

     C'est sûr qu'on en buvait dru du cidre pour les travaux des champs! Et que même qu'au repos on avait bien à Acigné deux dizaines de cafés dans le bourg et à la campagne pour se rappeler du goût! En ce temps on comptait en moyenne une trentaine de cafés pour 2000 habitants fréquentés par tous, notables et petites gens.

     L'autre saine occupation qui se pratiquait en grange et parfois dans le café : le palet! Les gens d'Acigné avaient peut-être le surnom de "Rouchous queue d'vaches" (bonnes pour la soupe), les "Rilletoux" de Servon leur procuraient d'excellents palets en fonte de leurs fonderie Brisou et en faisaient de redoutables concurrents avec des palets de 110 grammes puis de 155 qui "piquaient" moins sur notre bonne planche en bois de peuplier.Ah! qu'on l'aimait cette planche, on l'arrosait de temps en temps, on la disposait cérémonieusement sur des sacs de jute pour amortir dans le sens des lancées des jeux d'avant. Le seul à ne pas savoir lancer proprement ce palet était un "grand sec" qui avait des palets d'au moins 200 grammes obtenus d'un ancêtre du Pays d'Auray lequel jouait selon ses dires à une "huitaine"d'enjambées sur la terre battue.A nous autres cinq grands pas étaient de mise, milieu de planche. Sous le préau de l'école il envoyait parfois très haut ses palets, au-dessus de la poutre, et faisait exploser les autres rondelles sans trop de distinction.Ou alors ils devenaient des "palets de cirque" qui tournoillaient lentement pour se placer parfois sur le "maître" au grand dam des adversaires.

     A la parebatte cependant pas le temps de jouer aux palets, à la course en sacs, pas le temps d'avaler la bonne saucisse de porc bien grillée enroulée dans une froide galette de sarrasin, presque pas le temps de muscler le gosier avec une bolée de cite amenée en cruche par des curieuses....C'était une grosse journée de labeur et la grande attente c'était les réjouissances bien méritées....
     Quand vint cette heure le souper y chauffait donc dur. On y mangeait du lard salé et une bonne bouillie de blé noir avec des pommes de terre cuites au four à bois. Une bonne "teuzée" ma foi! Après qu'elles eurent débarrassé les tables quelques femmes énervées avaient commencé à s'assire sur les g'noux des plus en verve qui zieutaient dans leurs "r'trous'peu"! A Acigné on chantait encore une chanson célèbre :

"Quand un bouézou d'chez nous vous prend sur ses g'noux pour jouer un p'tit coup d'bouèze il est ben d'Acignë car y fait qu'chantë bonne bouffe bonne bouèze"

     On avait parmi nous deux bouézous qui faisaient ruminer leurs engins et que bientôt plusieurs dames se mirent à inviter du monde et à danser l'Aéroplane" qui part du pied droit sur la terre battue. Ca levait tant d'poussière que ça buva encore et encore...Puis vinrent une longue suite de danseries : les "gigouillettes",les "bottes",les "drolettes", "la fougère",la "Dauvergne",la "bourrée", l'"avant-deux de travers" et notre bon vieux "moulinet". Ca hurlait ça chantait tellement qu'on se s'rait cru à une foulerie de place, une danserie pour "déhanneus" à force de "gratteu d'la patt'"...

     Et puis "heurinteu" la fatigue avait eu raison d'beaucoup de dansous et de dansouses. Une poignée d'énergumènes s'étaient repliés dans la maisonnée autour de la grande tablée."Eun bel'airée d'gâs"!Pris de fièvre avec la gnole et le "flip" LULU un "teugnou de graont'hom'" réputé pour avoir une belle "lirette" y chantait à tue-tête : "I z'ont les chapios ronds vive la Beurtagn'". Monsieur LOUIS s'leva pour l'interpeller car il refusait qu'on le traite de "beurton à chapiao rond" résidant de plus dans un bourg où on n'avait jamais parlé cette langue. Il s'estimait un "Redon ou un Riedon" suite au texte des remparts de Rennes déchiffré en 1868... et plus généralement un Armoricain, de cette région "au devant de la mer" comme le disait César ... et que les "Redones" ou les Riedones" c'était la peuplade des Pagi de Vilaine d'avant l'arrivée des romains. "Redons" ou "Riedones" ça pouvait dire les "conducteurs de chars", "les rapides"ou les "gens libres", les "généreux" selon les sens...

     Au lieu d'penser : "il est ben aviseu c'ti-là" tout impressionné et incrédule à c'qui s'disait LULU l'"eugardeu naïr"!....Ce diminutif de "LULU" se voulait moqueur vu le nom de "vilotin" : Ludovic. Par chez nous tout le monde s'appelait François, Jean, Julien, Louis ou Pierre! Ce "bat de la hanne" de LULU toujours "deupeunayeu" avait la réputation d'être un bouénou tout juste bon à "depotayeu" ses pots de fleurs! Il vivait dans une biquerie près de la forêt. Son occupation déclarée de "chagourin" était de fait plus un don inné à "brosilleu" qu'à couper des arbres; sans pour autant avoir le rendement d'un "fagotoux". Sa vraie nature c'était "chassou d'nuit" qu'était son vrai commerce. Toujours "chancrou" d'avec les autres on l'invitait pourtant ici et là à aider car ce "bobia" savait se "ramioleu" pour écouler ses bêtes.
     C'était pas le cas de sa "bablao" de femme. On aime bien mettre trois autres de prénoms après celui qui sert pour faire plaisir plus large à la famille mais avec sa Marie ça faisait une drôle d'addition : "Marie-Balosse" à n'en plus finir tellement que c'était une "Marie-Beurdasse" et qu'on la savait "Marie-Peutasse" avant d'avoir bagoulé sur le temps qu'y fait sur l'heure à v'nir et d'"abagaodeu" sur tout et rien!

 

     "Ast'heure" on n'était plus qu'un "p'tit ka", à six ou sept. L'horloge sonnait pour la deuxième fois les 3 heures du matin. LULU insistait qu'il était un bon beurton, chouan, "chreutien" (d'autres rajouteront aussi "courrou d'cotillons") et que par Saint-Herbot qui fait lever le beurre il était tout fier d'être tout ça! Ca n'avait pas l'air d'inspirer l'instituteur. Mais par St Yves qui fait lever la pâte il prit l'initiative de nous instruire à sa façon :"en réalité, nous dit-il, les tous premiers habitants" de notre région étaient installés sur les côtes, là où il y avait du poisson à manger...Et puis ce fut l'arrivée des fameux constructeurs de pierres debout ou couchées qu'on appelle les menhirs ou des dolmens.Ces gens étaient arrivés des bords de la Méditerranée en suivant la côte...

     Monsieur LOUIS nous fit un cours d'Histoire unique dans le sens qu'on n'avait jamais appris ça à l'école, car on découvrit ensuite qu'on avait eu 5 ou 6 siècles avant JC des ancêtres venus par la Loire depuis le sud de l'Allemagne et de la Suisse. Des spécialistes en mines de sel! un produit important pour conserver les aliments de l'époque. C'étaient des Celtes, de rudes guerriers au combat avec leurs chars et surtout leurs armes en fer. Alors qu'on vivait par chez nous avec un alliage mons résistant : le bronze, du cuivre avec de l'étain.Les Celtes furent aussi de très bons artistes et des paysans inventeurs de génie avec la boissellerie pour les "touniaos", la grande faux pour les foins, les herses, la charrue à coutre et même une moissonneuse!Pour la moisson du blé on trainait avec des bêtes une caisse avec des dents de d'ssus qui coupaient les épis pour retomber de d'dans!

     Pour l'instituteur la grande période ce fut l'arrivée des romains une cinquantaine d'années avant JC. Pourtant ça avait mal démarré : fatigués par la route à venir ici ils vaquaient dans le pays angevin. Mais la nourriture se fit rare et le Publius Crassus envoya des gens demander du blé à nos Armoricains qui ne trouvèrent pas mieux que de les faire prisonniers. Ceux-là de romains énervés débarquent et nettoient la place; sauf en ce qui concerne le peuple du Morbihan à l'embouchure de la Vilaine. Ces Vénètes avaient une grosse flotte et passaient leur temps à commercer avec les îles britanniques, pour beaucoup avec l'étain. Dans leurs combats avec les romains ils avaient une technique : dès qu'on les pressait sur un promontoire qu'on ne pouvait attaquer qu'à marée basse ils s'échappaient sur leurs bateaux et recommençaient plus loin de même...

     Le Jules César dépité demanda à son lieutenant de construire de quoi les battre en mer. Alors des tribus du sud Loire, jaloux d'en autres, leur ont fabriqué des galères. Normalement les 220 navires Vénètes devaient l'emporter. Mais le vent s'freina et les petites galères à rames se ruèrent en nombre avec des grappins sur chaque lourd bateau en chêne immobilisé. Ils se servent alors de faux qui coupent les agrès et déchirent les voiles et, méthodiquement, anéantissent la flotte. Ensuite pas de cadeau : les romains ont égorgé les notables et mis en vente la populace comme du bétail.Vannes et le port de Corbilo à l'embouchure de la Loire (Couëron, près de Nantes) furent détruits par les romains. Le même sort fut réservé aux Carthaginois, alliés commerciaux des Vénètes.

     Tout comme les "maignaos" de Mayenne nos Riedones sont restés des gens modérés.Malgré une petite levée de troupes de principe pour aider Vercingétorix ils se sont très rapidement romanisés. Un des plus grands progrès ce furent les voies dallées et maçonnées. Ca désenclavait au vu des forêts d'avant qui faisaient des barrières. On avait alors les moyens de fréquenter les "Coriosolites" et Corseul entre la forêt de Brocéliande et la Manche, les "Namnètes" en Loire Atlantique avec Nantes,Condevincum,au confluent de l'Erdre et de la Loire, les "Vénètes" et les "Ossismes" à la pointe Finistère avec Carhaix, Vorganincum.

     Ce qui plaisait le plus à l'instituteur ce fut que pendant trois siècles les gallo-romains ont vécu une grande période dans le calme et que ensuite ce furent des ravages dus aux "barbares" étrangers....Par un aut'côté les pirates irlandais du nom de "Scots" se sont mis à envahir l'Ecosse au VIème siècle pour se réfugier derrière les montagnes des Highlands où les romains se sont cassés les dents comme derrière les monts du Pays de Galles.

     Monsieur LOUIS tenait aussi à faire comprendre comment on en était arrivé à s'appeler la Bretagne "assteur". Les "vrais" premiers Bretons sont venus s'installer du IIIème au VIème siècle poussés de la Bretagne insulaire par des peuples qui s'appelaient les Angles, les Jutes et les Saxons. Des relations existaient depuis longtemps entre Bretons et Armoricains. La traversée de la Manche prenait moins de 24 heures à la rame.Les Vénètes s'étaient fait régulièrement aider par ces Bretons tout comme la Gaule contre les Huns, les Wisigoths et les Francs.

     Evénement majeur au VIème siècle CHILDEBERT, le fils de CLOVIS, favorise la venue de ces Bretons insulaires chez les Ossismes et les Vénètes pour renforcer sa puissance face à son frère CLOTAIRE. Mais les 30 à 50.000 Bretons sont très remuants : WAROCH s'empare de Vannes en 578 puis le pays nantais. Plus tard JUDICAEL concluera une paix avec le fameux Roi DAGOBERT en 635 qui pousse sa frontière de Dol à Saint Nazaire. Pour contenir ces bretons on établit des "Marches" de défense franques à l'Est. CHARLEMAGNE y placera même son neveu ROLAND qui aura une légende au "saut de Roland" à Dompierre du Chemin. Ce ROLAND qui sera tué par des basques à Roncevaux.

     Les Bretons très christianisés se dotent de "PLOUS" (Plougastel...), de paroisses qu'on additionne d'un nom de saint fondateur, de lieu ou d'un adjectif. On parle de "GWIK" pour un bourg, de "TRE"(Trégastel,...) pour des hameaux ou de "LAN" (Lanester...) pour indiquer un monastère.Contrairement aux barbares païens et chevelus les Bretons d'Armorique s'estiment romains et catholiques et ne portent pas la barbe.

     Au début du IXème siècle plusieurs chefs Bretons s'opposent aux Francs : en 818  MORVAN puis WIOMARC'H lèvent des troupes pour combattre LOUIS Le Pieux. L'Empereur franc préfère alors s'accorder avec les Bretons en soutenant le Comte vannetais NOMINOE. Cependant avec CHARLES Le Chauve les batailles reprennent dont celle de Ballon près de Redon en 845 gagnée par les Bretons.Pour combattre la forte armée des francs les Bretons ont profité des marais d'alors au nord de Redon. Trop compacts les saxons placés au premier rang furent anéantis par des vagues sucessives de cavaliers bretons qui jetaient des javelots. L'"ennemi" venait de partout; le combat n'était pas classique.Les francs ne sachant s'ils devaient rester groupés ou poursuivre les cavaliers qui s'enfuyaient pour mieux revenir... Après une nuit de trève il en fut de même le lendemain. Le jour d'après les troupes abandonnèrent le terrain dans la panique : le roi avait fuit en laissant un gros butin. Après la mort de NOMINOE jusqu'à Vendôme en 851 son fils ERISPOE se nomme "Prince de la Bretagne et jusqu'au fleuve de la Mayenne".Ce sera le premier Roi des Bretons. Ayant fait trop de concessions aux Francs il sera assassiné sur ordres de son cousin SALOMON. Celui-ci s'allie aux normands et étend son royaume au Cotentin et une partie de l'Anjou.Ayant trop centralisé les pouvoirs de décision, contraire à l'esprit indépendant des Bretons,  une conjuration de seigneurs bretons et francs lui sera fatale. Il fut livré aux francs qui lui crevèrent les yeux avant de le tuer.Par la suite les Bretons représenteront le tiers de l'armée de GUILLAUME de Normandie qui a envahi l'Angleterre en 1066.

     Après une sucession de périodes agitées il fallut attendre la déroute majeure de la bataille de st Aubin du Cormier en 1488 et les mariages de raison d'ANNE de Bretagne avec les Rois de France CHARLES VIII et LOUIS XII pour calmer l'Ouest avant les soubresauts de la Révolution française.

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     Ce qui provoqua la fureur de LULU ce fut que l'instituteur dit que l'on peut se croire beurton et fier de l'être mais qu'on avait eu pas mal d'ancêtres avant, différents et païens, des adorateurs de Taranis le dieu forgeron et d'autres encore...et que le vrai Breton d'nos jours c'est celui qui se plait à aimer la Bretagne ben au fait de ses atouts et curiosités....

     A force de "s'pileu" le torchon l'"eussouao" entre eux il brûlait. Ils étaient déchaînés. On entendit un LULU folayeu, s'engosilleu à dire : "fi d'putao! fi d'gars'!fi d'pussieu!" et une menace plus tard : "tu vas gobeu!". Monsieur LOUIS songeait sans doute à le traiter de "chouan à pattes plumées" mais se reprit : "moi je m'avoue Riedon, Armoricain et Celte en plus que je suis un Gallo-Romain. Un Riedon du pagus de Condate qui veut dire confluent comme la Vilaine et le Chevré se réunissent à "GOULD'OEUVRE" en Acigné."

     "Chao d'baire" LULU n'en pouvait plus, prêt à s'"entpileu et à paffeu". Il buva une grosse lampée de sa boleu et se leva d'un coup sec en hurlant : "moi je te dis ta goule à toi et à ton confluent Celte!" En réponse de quoi : "tu es borné! complètement borné, comme la borne de GOULD'OEUVRE!"."Borné! borné! tu vas voir comme je vais te l'arranger ta goule à ju!" fut la réponse en huchant. Et il s'"arrouchi" en se précipitant sur Monsieur LOUIS pour le "couaffeu d'une drett'". Ce dernier esquiva le coup mais partit à la renverse de d'sus sa chaise. Il se ramassit dans le creux de la cheminée en se toquant dur....

     Il "resteu tout couèr, à bas" et après un long silence et quelques détoqueries il "jargouenneu" quelques mots qu'allaient changer plein de choses : "Crénom d'une pipe! ... la borne!...GOULD'OEUVRE!...AZIZE le celte!... le Soldat Inconnu!..." On le croyait complètement à moitié fou de "folayeu" ainsi! Mais point du tout : on ne fit même pas appel au "guéritou!"

     Si j'étais tant au fait de tout ce déroulement c'est que, l'oeil posté à l'entrebaillement de la porte fissurée de ma chambre, je ne perdais pas une miette de cette étonnante animation nocturne.

     Au lendemain de la "parebatte" Monsieur LOUIS vint sortir mon père de sa "meurienne". D'un pas décidé il l'entraina à part et lui dit en le tapant sur l'épaule "tout de houppe" : "Faut qu'j'te cause!" Ca voulait dire d'aller au "celâ" parler devant "eun boleu de cite". C'est ce qu'ils firent même si ils n'avaient pas la "pépie" car c'était l'usage entr'hommes. Ayant compris leur destination je m'y rendis. Mon père, prétextant mon rôle d'ainé et sa confiance allant de pair, insista pour que je reste d'avec eux.

     Monsieur LOUIS nous raconta qu'il y a quelques mois on avait exhumé 15 urnes remplies de cendres et d'os calcinés, trouvés à la rabine des Onglées en 1879.Espacées d'un mètre elles étaient enfouies à 50 centimètres de profondeur seulement. Ca signifiait que la rabine ou le grand chemin d'à côté dit des "Gatinelles" devaient être une voie romaine et que c'était l'habitude de l'époque d'ensevelir les morts près des routes.

     Pas loin de là il y avait la fameuse borne de GOULD'OEUVRE. La foutue borne d'après l'instituteur ça sentait aut'chose! Et il voulait qu'on aille voir ce que ça pouvait cacher. Il se souvenait de la légende d'un chef Celte qui occupait le pays des Riedones avant les romains. C'était ce que colportait en chansons un farfelu qui se prétendait barde celte! ce barde lui avait chanté les exploits d'un chef appelé AZIZE qui régnait à Condate. Condate c'était l'ancien nom de Rennes. Il se souvenait du refrain : "Trouziniec! trouziniec! Tra la la la lère.."

     Un univers poétique accompagnait ses phrases. Il citait les Celtes comme les enfants de la Fée des Bois et des Sources. C'était la raison pour laquelle, en mémoire à sa mère, il sacralisait chaque source, chaque rivière, chaque fontaine et chaque forêt. Il distribuait à qui le voulait des symboles : bruyère, ajonc, poireau, chêne et blé, ... L'ayant écouté quelques instants on en repartait troublé. Le fait d'arborer fièrement des hermines sur son écharpe était un témoignage de respect vis-à-vis de cet animal blanc. Au cours d'une partie de chasse du Roi Breton Conan MERIADEC une hermine fut prise au piège sur le bord d'un ruisseau. Elle fit face aux chasseurs plutôt que de se salir en empruntant un passage de boue...

     Mon père avait de la considération pour Monsieur LOUIS. Il avait beau être un col blanc quand il avait fallu faire la moisson on le sentait des nôtres. Il humait les odeurs de la nature, de la paille, des chevaux; il laissait glisser la terre entre ses doigts comme un vrai "paisan"! Dans ces moments-là il était "pareil eux nous". sa façon d'être méfiant envers les fonctionnaires du gouvernement, sa modération envers les transformations radicales imposées sur nos habitudes enseignées par les anciens ça plaisait bien.Malgré qu'on avait besoin des enfants de 7 ou 8 ans à garder les bêtes aux champs et des 13 à 14 aux travaux plus durs (ou même d'aller poser ou se servir dans les "tambours à poissons" vers le "moinerie") les parents les laissaient aller à l'école plus qu'avant d'avec lui.

     Comme il avait aussi été dans d'autres contrées il avait pu comparer et avoir une idée sur nos manières d'être : y disait que les gens d'ici sont francs, braves, hospitaliers, constants dans leurs affections, fidèles dans leurs paroles. Le peu de sens des affaires ça nous donnait celui de la franchise et de la loyauté où une poignée de main ça vaut tous les marchés sur papier timbré. Le Breton est un battant, dur au mal, qui contraste comme sa météo entre la solitude et une démarche conviviale, généreuse, ouverte sur les autres. Les seuls reproches qu'on peut nous faire c'est d'être trop entêtés, attachés aux habitudes et au sol natal.

     Pour en revenir à notre affaire mon père promit de l'aider mais incognito. Ca démangeait tellement l'instituteur qu'il le pria d'y aller le soir même. "Adsaï, à ce soir" lui dit-il "Et avec des outils que ton fils aidera à porter."

     "GOULD'OEUVRE! quel souvenir! près de "Veuvre" transformée dans le nom en "Chèvre" et en "Chevré" et de la "Vilaine" il y avait bien une petite borne en pierre. On piocha dru au-dessous de la borne : fallait être "follao!".Soudain on bloqua sur des rocailles. C'était des grosses pierres. On en dégagea  une... Ca nous libéra d'un seul coup de la terre d'argile qui tomba à bas dans un grand trou, une sorte de puits très profond... L'instituteur était tout "beunaise" d'être content! D'autant plus qu'en sortant les deux autres pierres qui barraient le passage on aboutit à une galerie latérale qui renfermait une tombe...

"J'avais raison!" ricana Monsieur LOUIS. "Avec cette culbute dans la cheminée j'ai eu la vision du "Soldat Inconnu" qu'on vient d'enterrer sous l'Arc de Triomphe et je l'ai comparé avec ce chef Celte sous sa borne..."Et tout lui semblait soudainement clair : ce "Condate" chanté était ici à "GOULD'OEUVRE", à ce confluent. La légende du barde était vraie et le refrain "Trouziniec, Trouziniec" c'était la contraction du TROU où se situait AZIZE avec un final bretonnant en EC.Ca faisait bien TROUZINIEC, pas plus compliqué que ça! et ce trou était dans la tradition Celte le lieu où l'on jetait du sang, du lait, du miel et parfois des esclaves pour faire plaisir aux dieux du sol.

     Mais on n'en était pas à la fin de nos découvertes! En effet on lava dans la rivière une pierre qui semblait bombée. En réalité, après un bon décapage, elle dévoila un document gravé en latin, bien conservé...Monsieur LOUIS n'eut pas de mal à le comprendre. Incroyable texte qui disait ceci :

SOLSTICII CONVIVIUM DELETUM
CAEDE XV DRUIDUM
NOS VETERES ALAUDAE
AZIZEM ABDIDIMUS DUCEM
CONDATI LOCO
NIHIL POTERIT MARS MULLO

Soit : "Festin du solstice anéanti par massacre de 15 druides. Nous, anciens Alaudae, avons caché Chef AZIZE en condate. Mars Mullo n'y pourra rien"

     Les 15 urnes c'étaient donc les restes des druides celtes. Ils avaient du se réfugier aux "Onglées" ou venir en ce lieu pour les fêtes du Solstice. Acigné n'avait pas été choisie au hasard: de la "Motte" à ces lieux les nombreux chênes longeant la rivière sont bardés d'un gui abondant. La scène, l'instituteur la revoyait à sa façon : on avait accompli les gestes rituels enseignés par la tradition Celte près du puits. Puis on avait jeté des pièces de monnaie dans la rivière et peut-être noyé un criminel dans un "touniao"?... Ce fut ensuite le festin. AZIZE le chef devait se tenir au milieu des druides assis par terre à même des bouées de joncs. Sur des tables basses on avait disposé des viandes de porc et les pains. Après la bière élaborée de blé et d'orge on dégustait l'hydromel. Ce "chamillard" échauffait les cervelles et la susceptibilité naturelle des Celtes amenait parfois des rixes... C'est probablement à cet instant que les romains, cachés près de là, sont arrivés en interrompant par la force le repas.

     Comment ont-ils pu être avertis? Ce qui a du trahir sur le lieu de l'assemblée c'est l'importance du gui à GOULD'OEUVRE. Et pour la date l'habitude prise de se réunir le sixième jour de la lune, quand l'astre a assez de force mais qu'il n'a pas atteint la moitié de lui-même.
     Conscients de la gravité de leur acte des mercenaires armoricains de la légion celte "ALAUDA" - qui veut dire l'"Alouette" - ont du avoir un problème d'identité culturelle. "C'est AZIZE qu'on assassine! c'est AZIZE qu'on assassine!" ont-ils du crier affolés. Le massacre a pourtant bien eu lieu et les druides furent brûlés et incinérés à la mode romaine près du vieux grand chemin. Les porteurs de boucliers et de lances présents au festin ont été évacués ailleurs. Pendant le transfert AZIZE a été détourné par ces légionnaires celtes qui l'ont enterré dignement avec son casque, son épée et son fourreau, son torque et ses bijoux. Et peut-être un peu de nourriture pour l'au-delà?

     Et depuis tous ces siècles il dormait là sous sa borne à ce confluent devenu sacré que la tradition orale des bardes nous a malicieusement porté. Il fallait que l'événement fut marquant à cette époque car les Celtes avaient des interdits religieux sur les écrits. Il faut croire qu'un légionnaire s'était plus romanisé et initié aux écritures. Ce "Mars Mullo" dont il parlait dans le texte c'était le dieu romain du pagus des Riedones. Ce massacre prouvait qu'on ne voulait plus de traces de religions d'avant...

     On remit provisoirement des branchages sur nos découvertes.Monsieur LOUIS réfléchit dur le lendemain. Il avait un grand projet pour Acigné : y créer un Musée qui réunirait les urnes, nos dernières trouvailles, l'archivage des nombreuses photos prises du bourg à partir de 1905 et surtout expliquer notre Histoire ancienne, celle des Celtes, des Riedones, des Gallo-romains et des Bretons, ...

     Il partit rencontrer des spécialistes à Rennes. Mais, méfiant avec les savants, il n'avoua pas ce qu'il y avait au-dessous de la borne. Ces beaux messieurs ne voulaient déjà pas lâcher leurs urnes et qu'on fasse de l'Histoire à leur place... Vous pensez bien que Monsieur LOUIS claqua sec la porte à tout ce petit monde! A son retour décision fut prise de "cherrueu" la tombe dans la cave de sa maison. On réalisa le transport dans un "touniao à cite!". Et depuis l'été 1921 ce trésor Celte dort au-dessous d'un "celâ" d'une maison du bas du bourg où il résidait. Le secret entre nous fut bien gardé.
     Sauf qu'il avait demandé d'avertir les gens d'Acigné dès qu'ils en seraient dignes ou qu'un événement majeur viendrait perturber ce sommeil.Plus généralement dans sa façon de concevoir un avenir Monsieur LOUIS se disait convaincu que l'assemblage à dimension humaine de nos populations était d'en revenir à l'espace dessiné par nos "Anciens" de l'Armorique.Nos contrées avaient le devoir de se réunifier dans le "Pays de Rennes" (deü payis). et nos pagis au climat, aux paysages, aux cultures semblables les uns aux autres s'associer dans un immense territoire qui ne pourrait que s'appeler :

                   "BRETAGNE-ARMORIQUE".
Jamais les fiéfés de beurtons n'accepteraient d'évincer ces huit lettres magiques! Les Bretons entr'eux ils avaient déjà mis du temps à s'accorder pour associer le "BREIZ" avec le "BREIH" du Vannetais en un "BREIZH" unitaire, traduit en un "BZH"... et que le "BREIZ HUEL" de "Gallésie" a adopté avec la "BREIZ IZEL" des Pays de Cornouaille, du Léon, du Trégor, du Vannetais, de la Brière, du Retz, de la Mée, du Vendelais, du Coglais, du Poudouvre et de la Penthièvre....

Alain GOUAILLIER,

avec l'aide du lexique du Pays de Vitré/Argentré de Guy ALLAIN et l'encouragement de Alain RACINEUX

L'ouvrage complet - avec les illustrations de Charles MONTIGNE - est disponible à la Médiathèque locale.

lien : www.acignéautrefois

Nota : les temps changent, les recherches évoluent... il suffit de lire les interrogations de Yannick LECERF sur la venue ou pas des Celtes en Armorique :"Histoires de Bretagne 6" (migration directe ou apport Brito-Celtes ultérieurs?). Ce qui agace notre icône Alan STIVELL....